L’élection présidentielle du 25 avril se prépare activement. Cinq candidats de l’opposition lorgnent le fauteuil actuellement occupé par Faure Gnassingbé. Ce dernier est le candidat du pouvoir. Face à Faure Gnassingbé, Jean-Pierre, chef de file de l’opposition et les autres candidats dont Gerry Taama, Aimé Gogué et Mohamed Tchassona-Traoré appellent les Togolais à voter pour l’alternance politique au pouvoir après près d’un demi-siècle de règne des Gnassingbé.
Un élément déterminant dans cette élection sera l’abstention. Plusieurs Togolais ont été démotivés, d’autres encore, pour la plupart des partisans de l’opposition ont perdu espoir pour toute victoire suite aux combines qui ont fait échouer les réformes constitutionnelles. Malgré tout, il y a aura élection et les candidats étalent déjà leur programme de société et leur ambition pour le Togo du futur.
Ainsi, Faure Gnassingbé, candidat du parti l’Union pour la République (UNIR, pouvoir) multiplie depuis quelques jours les déplacements à l’intérieur du pays, en inaugurant des infrastructures. Par la même occasion, il appelle les électeurs à lui renouveler la confiance pour continuer son travail à la tête Togo.
L’ambition de M. Gnassingbé pour le Togo n’est autre que l’émergence en 2030. Lors de son intervention à la suite de son investiture, Faure Gnassingbé a fait savoir qu’il voulait parachever «la marche du Togo vers le développement, le progrès et la postérité».
Successeur de son père, Gnassingbé Eyadèma à la suite d’une élection contestée et heurtée en 2005 qui a fait au moins 500 morts, Faure Gnassingbé aura pour handicap, le goût immodéré de son camp pour le pouvoir qu’il n’entend pour rien au monde perdre.
Mais Jean-Pierre Fabre, qui l’avait déjà affronté en 2010 et qui a contesté les résultats de 2010 durant tout le quinquennat, a encore postulé au nom de l’Alliance nationale pour le changement (ANC). Jean-Pierre Fabre soutenu par le Combat pour l’Alternance en 2005 compte réaliser l’alternance attendue depuis des dizaines d’années.
La présidente du CAP-2015, Brigitte Adjamagbo-Johnson soutient que M. Fabre est le candidat de l’alternance. Il sera le principal challenger de Faure Gnassingbé. Son programme en cas de victoire est déjà connu. Il organisera une transition pour opérer les réformes nécessaires et remettre le pays sur les rails afin de prendre l’envol et d’améliorer le pouvoir d’achat des Togolais.
Mais en dehors de Faure Gnassingbé et Jean-Pierre, d’autres larrons pourraient surgir.
Gerry Taama, le plus jeune des cinq candidats (40 ans), peut se targuer d’être le candidat de la jeunesse. L’ancien officier des Forces armées togolaises (FAT) le dit à qui veut l’entendre qu’il est le candidat de la rupture mais surtout le candidat du futur.
«Nous sommes conscients qu’il sera difficile pour le Nouvel engagement togolais (NET) ainsi que son candidat de passer lors de ce scrutin présidentiel. Nous nous positionnons pour l’avenir», a-t-il fait savoir récemment à l’issue d’une conférence de presse. En cas d’accession à la Présidence de la République, Gerry Taama mettra l’accent sur la lutte contre la pauvreté, la consolidation de la démocratie et la réforme du système éducatif.
Dans le même temps, Me Mohamed Tchassona Traoré, qui postule également pour la première fois depuis la création de son parti le Mouvement citoyen pour la démocratie (MCD) en novembre 2006, veut créer la surprise. Le notaire a des convictions relatives à ce que doit être la nation et ne compte pas les mettre sous éteignoir. Toutefois, il est conscient du fait que gagner l’élection sera difficile mais pérenniser la tradition du «gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple». Me Tchassona pense également que «si on arrivait à réaliser les réformes, le taux d’abstention baisserait, la mobilisation augmenterait et on gagnerait les élections sans tambours battant».
De son côté, le candidat Aimé Tchabouré Gogué de l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI), connaît l’appareil de l’Etat pour avoir occupé le ministère du Plan et de l’Aménagement du territoire, puis, de l’Education nationale et de la Recherche scientifique dans les années 90.
L’Economiste chevronné, professeur dans les Universités du Togo appelle, lui, les Togolais à voter pour une alternance véritable afin de consacrer le changement toujours attendu. «Pour nous, le changement n’équivaut pas à un changement de personne à la tête de l’Etat, mais plutôt à un changement de comportement et de la manière de gérer un pays», a-t-il déclaré lors de sa derrière sortie médiatique.
L’élection présidentielle a lieu le 25 avril prochain et la campagne électorale devra s’ouvrir dans les jours qui viennent. Le débat autour du fichier électoral continue et les résultats de l’audit des experts de la Francophonie sont très attendus.
© OEIL D’AFRIQUE
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