Harcelées sur un marché par des hommes, deux Marocaines ont appelé la police mais ont finalement été... arrêtées. Elles sont accusées d’atteinte à la pudeur.
Victimes, elles seront pourtant jugées comme prévenues. Le procès des deux jeunes femmes arrêtées fin juin pour "outrage à la pudeur" s’est ouvert à Agadir ce lundi. Le tribunal marocain rendra son verdict le 13 juillet. Agées de 23 et 19 ans, ces coiffeuses risquent un mois à deux ans de prison.
Le 16 juin dernier, elles font leurs courses dans un souk à Inezgane, dans le sud du Maroc, avant de se rendre au travail. Seulement voilà, elles portent des robes que certains commerçants jugent "trop courtes". D’après leur avocat, une horde déchaînée les a alors encerclées puis malmenées.
Le communiqué de la Sécurité nationale est plus précis. Des jeunes hommes de 17 et 18 ans les ont harcelées "en raison de leurs tenues qu’ils considéraient comme indécentes, avant que cela ne dégénère en une agression verbale et physique, l’un d’eux ayant fait des gestes indécents".
"Mettre une robe n'est pas un crime"
Les jeunes femmes se réfugient alors dans une boutique et appellent la police… qui les embarque au poste. Motif : "atteinte aux mœurs". L’affaire fait grand bruit dans le pays et des manifestations de soutien aux deux coiffeuses se propagent à Rabat, Casablanca ou encore à Agadir. Le slogan est simple : "Mettre une robe n’est pas un crime".

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